Pleurer ses idoles : un amour au-delà de la mort - Chroniques | La Gentiane - Deuil - Entraide
 

Pleurer ses idoles : un amour au-delà de la mort

Les manifestations d’amour témoignées aux personnalités sont souvent passionnées. Mais lorsque nos idoles nous quittent, nous continuons de ressentir ce besoin d’unir nos voix pour crier notre amour au disparu.

Souvenons-nous du décès de Marie-Soleil Tougas qui laissa dans le deuil des milliers de familles qui avaient l’impression de la connaître. Le public, qui l’avait adoptée, a vécu son décès de façon très personnelle et les témoignages d’amour ont fusé de partout.

La mort de Dédé Fortin, l’ancien chanteur du groupe Les Colocs, a aussi suscité des témoignages d’amour spontanés. Quelques heures après l’annonce de sa mort, la devanture de son appartement était littéralement envahie de messages d’amour et de fleurs.

Symbole de notre fierté, Maurice Richard a reçu des adieux magistraux, à l’image de sa carrière et du respect que les Québécois lui portaient. Ses admirateurs, mais aussi des gens qui ne l’avaient jamais vu jouer au hockey, ont attendu pendant des heures pour avoir l’occasion de circuler quelques secondes près de son cercueil. Le jour des funérailles, une foule silencieuse est descendue dans la rue pour suivre son cortège funèbre et assister à la cérémonie sur un écran géant.

Une douleur étalée au grand jour

Mais qu’advient-il du deuil des proches lorsqu’une mort devient tellement publique ? La douleur de celui qui perd son père, sa fille, son frère réussit-elle à demeurer personnelle malgré la couverture médiatique ?

Les familles des personnalités publiques doivent, pour la plupart, partager leur deuil avec tout un peuple. La famille Richard a consenti — en soulignant toutefois la démesure de l’adieu — à des cérémonies grandioses. Le « Rocket » était près de son public : sa compagne et ses enfants ont voulu partager leur deuil avec cette grande famille. Ils ont tenu par contre à ce que tout se déroule simplement, à l’image du caractère humble du défunt. Au terme de cette cérémonie, le public s’est lentement retiré. L’adieu ayant été proclamé, le corps du héros pouvait maintenant être conduit au cimetière pour une inhumation dans l’intimité.

Il en fut de même pour la famille Tougas, qui a dû partager ses derniers adieux avec des milliers de personnes, en direct à la télévision. Lors de l’entretien qu’elle nous a accordé en août 1999, sa mère Micheline nous résumait bien l’émotion trouble qu’elle avait vécue durant plusieurs semaines : « De sentir l’appui des gens dans des moments comme ceux-là, évidemment que ça ne peut pas être mauvais pour une mère. Mais en même temps, c’est sûr que j’avais envie de dire Laissez-moi donc vivre ma peine ! »

L’importance des rites

Que l’on soit un proche ou un admirateur, chacun sent le besoin de souligner le départ de ceux qu’on aime par un geste, une cérémonie ou toute autre manifestation de notre peine ou de notre sympathie. Les deuils collectifs nous rappellent encore toute l’importance des rites funéraires. Ils nous aident à comprendre à quel point la personne qui décède n’appartient pas seulement à la famille proche, mais à tous ceux qui ont croisé sa route. Peu importe que l’on soit 10 ou 10 millions à pleurer.

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