J'ai perdu mon fils, mon merveilleux Nicolas...

J'ai perdu mon fils, mon merveilleux Nicolas, le 5 janvier 1998 à cause de la drogue. Il n'avait que 17 ans, je l'aimais tant !

15 ans après, je souffre toujours. Il me manque tellement, chaque jour je pense à lui. Je voudrais tellement le revoir, tellement le rejoindre ! Jusqu'à quand vais-je pouvoir continuer ainsi, c'est trop dur, aidez-moi, aidez-moi.

J'ai perdu aussi mon mari d'une rupture d'aorte en juillet 2000, je dirais victime de son immense chagrin.

J'ai un autre fils de 26 ans, j'essaie de ne pas lui montrer mon chagrin, d'être forte pour lui, je pense souvent que je porte un masque tous les jours pour vivre dans ce monde, et lorsque je suis seule, je m'écroule.

Seuls les parents qui ont vécu un drame semblable peuvent comprendre, les mères surtout. Je m'identifie à toutes ces mères qui ont perdu un enfant et encore un mari. Pourquoi, mon Dieu, pourquoi tant d'épreuves pour certaines, que veux-tu ?

C'est horrible ce que je peux souffrir, la solitude est mon unique compagnie ; dans la vie de tous les jours, je ne laisse rien paraître car les gens s'en foutent, cela ne les concerne pas et je ne veux pas les empêcher de faire la fête. Ils s'imaginent que le temps panse les plaies et je me demande même s'ils se souviennent que j'ai perdu un enfant et mon mari.

Même dans la famille on ne parle plus de mon Nicolas et de son papa, pour moi c'est l'horreur, moi qui y pense tous les jours. Les gens qui ont perdu un enfant ne sont pas comme les autres, ils vivent dans un autre monde, ciel et terre réunis. Je me sens si mal dans ce monde ! Ce monde a tué mon merveilleux Nicolas, je l'aimais tellement, j'ai juste compris que la drogue est plus forte que l'amour des parents.

Si quelqu'un pouvait m'écrire, partager avec moi la douleur du manque de notre enfant, je vous remercie.

Aubépine
Saint-Sulpice (Suisse)

Classé dans : Témoignages Publié par : La Gentiane - Deuil - Entraide Date : 8 mai 2013

Commentaires (3)

Ce courrier m'a arraché le cœur. Le poème également, tellement votre souffrance est grande. Néanmoins, ne pensez vous pas que les gens ne parlent plus de Nicolas et de son papa devant vous, non pas par "Oublie", mais peut-être par méconnaissance de votre besoin (tout à fait naturel) de parler d'eux. Toute personne n'ayant pas subi ce drame ne peu malheureusement pas se mettre à la place de l'autre. Nous pouvons imaginer, croire que nous comprenons....., mais en aucun cas ressentir la même chose. Ne croyez pas que ces gens ont oublié ! mais peut être pensent t'ils que de parler de Nicolas devant vous, vous ferait trop de mal. Je sais c'est le contraire, mais parlez en avec eux et je suis sûr qu'ils comprendront et n'auront plus la même attitude, vous pourrez alors relater ensemble les merveilleux souvenirs que vous avez de Nicolas encore si présent aujourd'hui par la pensée. Bon courage.

Maryline, 4 juin 2013

Ce courriel me fait directement penser à maman qui m'a quittée il y a 3 mois et m'a boulversée car elle avait perdu 2 de ses 3 enfants et ne s'en est jamais remise. Elle n'arrivait pas à en parler et comme vous, portait un masque dans la journée pour me préserver et préserver papa qui avait souffert autant qu'elle. Le problème c'est que les gens sentaient qu'elle ne voulait pas en parler et en plus avaient l'impression qu'elle faisait face (le masque) donc ils faisaient comme si de rien n'était pour ne pas raviver la douleur. C'est un cercle vicieux, il faut essayer de lancer la conversation sur votre merveilleux Nicolas vous verrez vous serez suprise de voir que les gens on envie d'en parler et qu'ils ne l'ont pas oublié de plus il faut dire ce qui est la drogue reste tabou comme pour moi mon 2eme frère s'est suicidé alors pour eux c'est compliqué.
Maman est décédée suite à un AVC, le médecin m'a dit qu'aucun symptôme le laissait présager mais toutes ses angoisses en étaient la cause. (AVC le 20 03 13 anniversaire départ de son 2eme fils 3 ans le 30 03 13 elle les rejoint le 03 04 13) sans énnumérer tous les autres décés du mois de mars.
Je sais c'est pas facile mais il faut essayer d'aller au devant des gens et parler.
Vous essayer de ne rien montrer à votre second fils mais les enfants ressentent le malaise d'une maman et je suis sûre que d'en parler avec lui vous aidera tous les 2 car mêm s'il ne vous dit rien il sait très bien que vous n'allez pas bien (c'était mon cas pour maman et je regrette amèrement de ne pas être arrivée à l'aider).
Si vous désirez correspondre en message privé ce sera avec grand plaisir.
Je vous souhaite beaucoup de courage
Marie

Mariesoleil, 26 juin 2013

Un enfant c'est merveilleux. À 50 ans, je suis papa d'un petit garçon de 5 ans. C'est mon premier enfant et il me comble de bonheur. Quelquefois je m'inquiète quand il est à l'école et qu'ils font une sortie (piscine, médiathèque, cinéma etc...) j'ai toujours peur qu'il se passe quelque chose... Je ne peux imaginer la vie sans lui... mais je dois m'efforcer de le laisser vivre sa vie d'enfant.
Tant que vous pensez à Nicolas, il est près de vous et veille sur vous pour aller de l'avant. Continuez à avancer, faites de choses nouvelles et rendez-lui compte, chaque soir, de votre journée. Vous verrez, ça vous aidera !

bernard, 16 janvier 2016

Écrivez un commentaire

Veuillez cocher pour indiquer que vous n'êtes pas un robot.
Cette vérification permet d'éviter les courriels indésirables.