Tu es partie il y a un peu plus d'un an maintenant...

Tu es partie il y a un peu plus d'un an maintenant. Le 24 janvier 2005. On m'a annoncé ta mort par téléphone, le jour-même. Tu étais morte dans la nuit. Le coup a été terrible. Seulement 7 ans après la mort de Papa. Je me suis dit, Gigi, il faut que tu y ailles, il faut que tu sois là pour la voir, pour aider ton frère et ta sœur. Je suis quand même passée au boulot car j'avais des urgences à faire. C'est vrai qu'avec le recul, les urgences n'en étaient pas forcément, mais sur le moment, c'était peut-être un moyen de prendre du recul.     Je suis arrivée, les pompiers t'avaient mise sur ton lit, comme ça, « en vrac ». Tu es morte dans ta salle de bains, en chemise de nuit, à demi assise par terre. Seule, dans le froid. Mon frère qui était à l'étage n'a rien entendu. Tu es morte dans le froid et le silence. Le docteur nous a dit que tu es morte d'une rupture d'anévrisme ou d'un arrêt cardiaque... Mais quelle différence... Tu n'es plus là !

Et pendant cette année qui s'est écoulée, j'allais bien. Je venais me ressourcer dans ta maison. Là où j'ai vécu mon enfance, mon adolescence, mes joies et mes peines. Et puis, il y avait aussi l'ombre de papa qui était là. C'était un peu comme si vous n'étiez pas encore partis.

Mais voilà, nous n'avons pas pu garder la maison. Le 12 février 2006, elle ne fait plus partie de notre vie. Nous avons laissé les effluves des sensations de notre famille. Et tout le poids de ta disparition, de votre disparition s'est abattu sur moi. Comment faire pour vivre sans toi ?

Toi ma maman qui a toujours été là pour moi. Mais tu as sûrement eu ce que tu voulais, retourner auprès de papa, et, pourquoi pas, nous regarder d'en haut, si un tel endroit existe. Et j'espère que tu es enfin heureuse, avec l'amour de ta vie.

Il faut que je te laisse partir, il faut que je devienne femme et arrête d'être la petite fille que tu aimais tant, ta dernière. Pars, maman, laisse-moi en paix, et vogue avec papa dans les cieux, découvre le jardin d'Éden et permets-moi, à moi aussi de vivre et d'être heureuse. Aide-moi à le faire, s'il te plaît. Il faut que je te laisse partir, il faut que je devienne une autre fille, une autre femme, une mère à mon tour. Le témoin est passé, il ne me reste plus qu'à l'accepter...

Pars, maman, va rejoindre papa. Je t'aime, je vous aime.

Ta fille, votre fille

Gigi
30 ans

Classé dans : Lettres Publié par : La Gentiane - Deuil - Entraide Date : 15 mars 2006

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