En octobre 2013, ma mère était dehors avec des amis, prête à partir pour un weekend...

En octobre 2013, ma mère était dehors avec des amis, prête à partir pour un weekend. Elle touche son cou et se rend compte qu'elle a une boule au niveau de la clavicule. Elle dit qu'elle va chez le médecin en rentrant de son weekend. Trois jours après, le médecin lui prescrit une radio. Elle s'y rend, moi je suis chez ma grand-mère. Je vois ma mère qui rentre en larmes et me dit qu'elle a une tache aux poumons. Je la rassure lui dit que ce n'est rien. Le lendemain scanner. On lui annonce un cancer. Elle ne lâche rien c'est une battante je suis avec elle de tout cœur. Ensuite les chimiothérapies les rayons tout s'enchaîne elle est épuisée mon père l'aide beaucoup moi je fais du mieux que je peux. Je m'occupe également de ma grand-mère tous les jours car ma mère n'a plus la force.

Puis en avril on lui dit que le cancer a diminué de 30% elle est contente mais dit que ce n'est pas assez. En avril elle part au ski avec mon père et des amis. Elle s'éclate.

Elle se plaint beaucoup de son dos qui l'empêche de dormir elle ne dort plus reste éveillée toutes les nuits. Puis vient le rendez-vous chez son cancérologue pour voir comment s'est passée sa période de rémission. Et là j'attends ma mère à la sortie du lycée. Je vois la voiture arriver ma mère en pleurs, je lui demande ce qui se passe elle me dit qu'en 2 mois le cancer a évolué, il est parti au cerveau, elle me dit qu'elle sait qu'elle va mourir. Je lui dis que c'est faux que maintenant ils peuvent soigner les cancers.

Et ça recommence, chimiothérapie, rayons... puis ma mère est hospitalisée... J'ai rendez-vous avec son médecin, il m'explique que ma mère va mourir, qu'il n'a jamais vu un cancer aussi violent de sa vie. Que le cancer s'est propagé trop vite. Je lui demande s'il peut y avoir un miracle, il me dit que le mot que j'utilise n'existe pas en médecine. Je lui demande s'il peut lui faire des rayons et chimiothérapie pour qu'elle vive longtemps, il me dit qu'à long terme ça la tuera... Je suis anéantie... je sors du rendez-vous, ma mère, face à moi, me demande ce qu'il m'a dit... Je lui dis qu'il ne m'a rien appris de plus...

Ma mère était une femme au courage exceptionnel, elle nous a fait pleurer de rire alors qu'elle souffrait de douleur... peu à peu son état diminuait... puis certaines nuits étaient plus agitées que d'autres... Puis elle a le droit de rentrer à la maison ! On est tous heureux de la retrouver après plus d'un mois à l'hôpital. Mais heureusement le personnel était exceptionnel. Elle rentre, les réveils sont difficiles et douloureux. Elle vomit toute sa morphine mais ne se plaint pas. Je ne pourrais pas vous décrire sa force tellement elle en avait.

Le mardi 8 juillet 2014 je vais chez son cancérologue qui m'a promis que si elle ne lui demande pas si elle allait mourir, elle ne dirait rien. Et là elle lui demande si elle peut décaler sa chimiothérapie à 2 semaines car elle veut partir en vacance. Il lui dit que dans ces cas-là il arrête tout le traitement. J'ai envie de lui dire que c'est un gros con car il savait que ce n'était qu'une question de semaine. Elle est là, dépitée face à lui, elle n'a plus les mots et il lui dit que le cancer se propage de plus en plus, qu'il va toucher sa mole épinière et qu'elle sera paralysée. Elle ne parle plus... il lui propose une chimiothérapie médicamenteuse. Elle accepte. Puis nous partons au restaurant.

Le midi, une journée magique gravée dans ma mémoire. La chimiothérapie la ronge un peu plus chaque jour. Le vendredi qui suit, mon père accepte de l'emmener en weekend sur un circuit de moto car elle adorait ça et elle y retrouvait ses copines. C'est parti en camping-car, son rêve, elle est heureuse elle sourit comme toujours... moi je reste chez moi car je travaille.

Le dimanche matin j'appelle mon père pour avoir des nouvelles, il me dit que ma mère est hospitalisée, qu'il pense que nous devrions descendre sur Poitiers. Il me rappelle et me dit de venir, que c'est urgent. Nous partons de Brest pour Poitiers, je réunis la famille. Nous arrivons le dimanche soir. Ma mère parlait, parlait, parlait de tout est n'importe quoi... Le lundi soir elle s'endort. Le mardi matin vers 8h30 mon oncle m'appelle en panique et me dit qui faut qu'on monte dans la chambre au plus vite... nous courons et nous arrivons dans la chambre, ma mère faisait ses derniers souffles... mon père en larmes à ses côtés.

Elle s'est éteinte le 15 juillet 2014, cela fait un an et je ne l'accepte toujours pas. J'en veux aux médecins d'avoir laissé ma mère mourir. Et je remercie mon père d'avoir été là pour ma mère comme il l'a été. Et d'avoir fait autant de choses pour elle. Jamais je n'accepterai qu'on m'ait enlevé ma mère à l'âge de 20 ans.

Je t'aime maman !!

Charlotte
Brest (France)

Classé dans : Témoignages Publié par : La Gentiane - Deuil - Entraide Date : 18 juillet 2015

Commentaires (2)

Mon Dieu ! Quand j'ai lu ça, je me suis mise à ta place, comme si je serais toi. Ça doit tellement avoir été difficile tout ça ! Il a fallu que tu restes forte. Je te dis bonne chance et reste forte :)

Audrey deschenes, 13 octobre 2015

Ce fut difficile à lire comme texte... on sent vraiment ta colère et ta tristesse, mais aussi ta reconnaissance envers ton père et ta mère d'avoir été ce qu'ils ont été durant ces durs moments. Petite question pour t'aider à réfléchir, à vivre ceci, bien que je ne sache aujourd'hui où tu en es : sens-tu encore que la faute de la mort de ta mère repose sur le dos des médecins?

catherine, 20 octobre 2015

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