Mon Jacky, mon Grand Amour à moi, comment te dire à quel point tu me manques...

Mon Jacky, mon Grand Amour à moi, comment te dire à quel point tu me manques ? Pourquoi m'as-tu laissée en ce 12 Août 2007 ??? ce jour maudit où tu as voulu aller te baigner de toutes tes forces... et où tu t'es noyé au barrage de Villefort en Lozère...

Tu as été le seul homme de ma vie lorsque je t'ai vu pour la première fois à 13 ans, j'ai su que c'était toi mon alter ego... comment expliquer cela, non cela ne s'explique pas et je ne m'étais pas trompée !
Pour notre malheur, puisque nous nous sommes quittés pendant 36 ans et que nous nous sommes tus, au nom de la bienséance, à chacune de nos rencontres, puisque par respect pour moi, pour mes parents, tu as préféré partir du territoire et t'éloigner de ma vie. Je n'avais que 16 ans et toi 23 mais tu étais mon professeur de français... et cela ne se faisait pas d'épouser son élève dans ces années-là... mon père t'a fait comprendre que tu n'étais pas le gendre désiré... quel gâchis...

Tu es souvent venu prendre de mes nouvelles, voir comment j'étais installée dans la vie, sans jamais me dire que tu venais « me chercher »... Je te croyais heureux ailleurs, et non, personne ne t'a jamais aimé, ce sont tes paroles puisque nous avons eu l'immense bonheur de vivre ensemble quatre semaines cet été, quatre semaines de vie commune. Nous devions nous marier cet hiver et tu es parti, lors d'une baignade, tu t'es noyé....

Oh Jacky, pas un seul jour dans ces trente-six années sans que je ne pense à toi, cela a fait chavirer ton coeur lorsque je t'ai avoué ceci lors de nos retrouvailles en juin dernier. Tu es tombé de haut, tu pensais que je t'avais rayé de ma vie, non non, comment rayer de sa vie son oxygène, son rayon de soleil, son double en tout... je n'avais qu'à fermer les yeux pour retrouver ton visage, ton odeur, la douceur de ta peau et le son de ta voix...

Notre immense regret à tous deux, le seul grand regret de notre vie est de n'avoir pas eu d'enfant ensemble... ce manque à l'heure où j'écris m'étreint la poitrine, cela eût été merveilleux, ce regret t'a aussi fait beaucoup de mal je le sais et à l'heure qu'il est, il me resterait quelque chose de toi. Retrouver une expression à toi sur un visage m'aurait permis de survivre à ce drame qu'est ta disparition... Jacky où es-tu ?

Je ne sais plus comment faire pour que tu ne sois pas une obsession pour moi ! Je te cherche, j'écoute ta musique, conduis ta voiture et mets tes vêtements qui ont encore ton parfum : monsieur Kenzo... Il est très dur d'avancer, pourtant il le faut... Jacky je t'aime, sans toi, je suis une âme en peine et j'ai peur de lasser mon entourage, j'ai envie de parler de toi et on se tait de peur de faire une maladresse mais bon sang, parler de toi est te faire vivre, je veux que tu vives à travers moi.

Cet après-midi, je suis passée par ce chemin que tu aimais tant, empli de mystère, sauvage à souhait où tu te délectais de me ramasser des fleurs, des sédums et où tu photographiais avec beaucoup de talent les chevaux que tu vénères. Ils te le rendaient bien et aucun d'eux ne t'a jamais fait de mal malgré ton handicap, ils te protégeaient même, je dirais !

Nous nous sommes tellement promenés que chacun de mes parcours professionnels ou autres me racontent nos souvenirs, tu as tellement marqué ma vie que je me souviens de tout geste de tendresse, tu en étais tellement prolifique, tu as su donner de l'importance à chacune de nos actions, tu as enjolivé ma vie Jacky, tu ne peux savoir à quel point !

Je dois remercier Dieu pour ces deux mois d'intense bonheur car je crois avoir eu plus en deux mois que bien des couples en quarante ans de mariage. Cette relation fut exceptionnelle, chaque instant avec toi était une communion. Pour cela Jacky, je te remercie et j'espère t'avoir rendu heureux comme tu as su le faire avec moi.

Merci mon Amour, de m'avoir écrit chaque jour une longue lettre d'amour, cela me permet de tenir, de pouvoir lire et relire sans arrêt tous les mots d'amour de la langue française que tu maniais avec dextérité... c'est un bonheur incommensurable que nous avons eu là, j'en suis consciente... Je ne suis plus rien sans toi, fais moi un signe je t'en prie à présent...

Que te dire, sinon qu'il y a quarante ans, il n'y avait qu'une seule place dans mon coeur, je t'y ai confortablement installé pour l'éternité.

Patricia
Ardèche (France)

Classé dans : Lettres Publié par : La Gentiane - Deuil - Entraide Date : 9 octobre 2007

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