J'ai perdu mon mari d'un infarctus

J'ai perdu mon mari d'un infarctus

J’ai perdu mon mari. Il a présenté des premiers signes avant coureurs une semaine avant son décès et je souhaite le partager pour alerter.

Le premier signe a été une fausse route alimentaire lors d’un dîner chez des amis, on a crû devoir appeler les pompiers, il y avait une jeune fille pompier qui a tenté heimlich, j’ai pris le relai et d’un coup son souffle est revenu. Il n’a pas pu nous dire ce qui était mal passé car rien d’alimentaire ne bloquait. Après coup je pense qu’il a eu un spasme cardiaque au moment où il mangeait son dessert (un bavarois). Il a repris le cours de la soirée et même terminé le dessert. Il ne comprenait pas, il n’avait pas de douleurs. C’était le dimanche. La semaine a suivi, il était inquiet car il déjeunait seul le midi, il mastiquait donc ses aliments avant de les avaler. Le week-end arrive, il fait un muret au jardin, il fait froid. Le dimanche en début d’après-midi il rentre précipitamment pour boire un coup car il ressent un serrement au niveau du thorax qui passe rapidement en buvant ce verre d’eau. Il met cela sur le compte d’une douleur intercostale. Lundi, on se voit le matin, tout va bien. Le midi j’ai un message de mon mari sur ma messagerie, il a très mal à la gorge, c’est apparu d’un coup et rien n’y fait, il veut consulter un médecin et me demande le numéro (il avait un rendez-vous pour le mercredi consécutivement à sa fausse route bizarre pour faire le point). Il réussit à avoir un rendez-vous pour 18h. Lorsqu’il rentre à 19h il est furieux, il a toujours aussi mal et le médecin n’a rien trouvé, lui a prescrit des bonbons au miel et une prise de sang pour la thyroïde. Deux heures après, il convulse sous mes yeux, j’ai effectué la réanimation cardiaque en attendant les secours. Malheureusement il est décédé, son arrêt cardiaque a été rapide, le médecin réanimateur n’a pu relancer son cœur que quelques minutes qui, au vu du graphe, lui a permis de dire qu’il faisait un infarctus massif. Depuis, c’est l’horreur, cela s’est passé le 19/11/2018. Il allait avoir 52 ans.

Je me sens seule, pourtant à ce moment aucun de mes trois enfants n’avait terminé ses études, nous avons dû affronter ce tsunami tous les quatre. Les deux aînés ont réussi leur cursus, seul le dernier est toujours en étude et se sent investi de ne pas me laisser seule. Nous étions ensemble au téléphone lorsque son père a convulsé, il a entendu les premiers cris. Sa sœur qui habite avec nous était partie à son cours de piscine, il l’a appelée pour savoir ce qui se passait ne sachant pas qu’elle n’était pas là, elle ne comprenait rien, elle avait quitté son père qui se plaignait de douleurs vives mais rassurée tout comme moi de sa visite chez le médecin. Son retour avec la vision des ambulances avec le gyrophare restera à jamais gravé dans sa mémoire. L’aîné a fait Angers-Lyon dans la nuit dans un état de choc pour nous retrouver. J’ai repris 10 jours après le travail. Mon peu de famille nous ont purement abandonnés, les amis sont là mais très mal à l’aise. Du coup, la plupart font comme si de rien était alors qu’en tête je ne fais qu’hurler ma douleur. Pourquoi ce médecin n’a pas su mettre bout à bout tous ces signes? L’urgentiste était dégoûté de savoir qu’il sortait de chez notre médecin de famille (20 ans) et qu’au vu de ses signes, associés au fait qu’il soit un homme fumeur depuis 25 ans (10/15 cigarettes par jour), la cinquantaine, cela aurait dû tout de suite l’orienter sur un infarctus et pas une virose. Surtout qu’il ne prenait jamais rendez-vous de lui même. Je m’en veux aussi de ne pas avoir pu le sentir. En bref, si ce schéma se produit demander un électrocardiogramme, appeler le samu.

Maintenant, côté des sentiments et relations avec les enfants, chaque jour est une lutte, tenir avec son absence, voir d’autres couples, ses amis, c’est à chaque fois comme prendre un coup de poignard. Lire vos témoignages me déchire car je sais ce que vous vivez, je ressens vos douleurs. Trouvons la force de tenir pour les enfants.

Christel
(France)

Classé dans : Témoignages Publié par : La Gentiane - Deuil - Entraide Date : 7 avril 2020

Commentaires (1)

J'ai perdu mon compagnon au mois d'avril le dimanche de Pâques, aussi brutalement. II s'est plaint d'une brûlure à la poitrine et il est décédé pendant que je téléphonais au docteur qui m'a dit d’appeler les secours. J'ai fait le massage cardiaque en attendant l'arrivée des secours mais il était déjà trop tard. Il avait 67 ans. C'est très dur, je n'arrive toujours pas à réaliser. Je me sens seule et je dois déménager pour le 1er juillet. J'ai très peur d'être perdue dans mon appartement. Quelqu'un peut-il m'aider à surmonter cela?

tudts , 7 juin 2020

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