Mardi. C'était un simple mardi comme tous les autres...

Mardi. C'était un simple mardi comme tous les autres...

Mardi. C'était un simple mardi comme tous les autres. J'étais à huit jours de fêter mes 30 ans. Mardi 10 mai 2005. J'ai entendu ces mots à travers le combiné  : « Elle est partie. » Les phrases qui ont suivi ont résonné tant de fois dans mon esprit qu'il m'est impossible de m'en détacher :  « Elle est à coté de moi... allongée... elle est toute froide ! » et puis les images ont suivi comme de terribles flashs d'horreur quand il m'a dit : « Quand je l'ai embrassée, du sang est sorti de sa bouche ! Elle est partie, je te dis ! ». Il était effondré, je suis restée sans voix, sans paroles même, je crois que je ne l'ai même pas cru.     Quelques jours se sont passés avant la cérémonie, j'ai eu envie de croire que c'était une farce, une très mauvaise farce, car il m'était impossible de perdre ma maman. Elle n'était malade que depuis 4 mois, alors que dans mon entourage, il y a tant de personnes plus malades, plus vieilles, plus fragiles aussi. Le jour est arrivé et je me suis effondrée.

Devant ce cercueil, je me suis souvenue de tout petits détails de ma vie partagés avec elle. Ces détails de l'enfance que la maturité efface. Je me suis souvenue surtout d'une robe de princesse qu'elle avait cousue. Une magnifique robe rose avec des fleurs en papier accrochées au tulle.

J'ai eu plusieurs révélations aussi, je me suis rappelé le sens du nom « Maman ». Comme un coup de poignard, je me suis souvenu qu'elle m'avait enfantée. Avant, je ne l'avais jamais réalisé. Elle m'avait donc aimée, j'étais une petite fille de santé si fragile, d'un caractère si effacé, elle avait dû aussi me soigner et me protéger . Elle me l'avait fait oublier, elle ne se permettait jamais aucun geste de tendresse, aucun baiser, aucun mot d'amour. Je ne l'embrassais que pour lui dire bonjour et depuis bien longtemps je rêvais qu'elle soit ma maman autrement. Mais je m'éclipsais toujours à la faveur de mon frère sur qui elle ne tarissait pas d'éloges. Je l'avais accepté et ça ne m'empêchait pas de l'aimer.

Il ne restait que quelques mois avant qu'elle vienne vivre près de chez nous. Quelques mois avant qu'elle finisse sa course infernale et enfin qu'elle pose ses valises. Peut-être quelques mois pour que je la retrouve enfin comme ma maman.

Je ne comprends pas la mort, derrière son passage, elle laisse des vies inachevées, des morceaux de mémoire, des questions sans réponse. Elle est partie, et je reste comme suspendue à un rêve, celui de voir enfin de l'amour dans les yeux de ma mère.

Mary
Casteljaloux (France)

Classé dans : Témoignages Publié par : La Gentiane - Deuil - Entraide Date : 24 mai 2005

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