Des fleurs pour Christophan

Des fleurs pour Christophan

     Voici mes derniers poèmes dédiés à Christophan [décédé le 10 octobre dernier]. C'est mon bouquet d'adieu, les fleurs que je lui aurais offertes si j'avais pu le faire car il habitait à 600 km de chez nous. Sur les conseils des médecins, la famille a décidé de le ramener chez lui, et il a pu revoir ses proches après huit mois d'hôpital. Il était si heureux de  rentrer ! Contre toute attente, il a supporté le long voyage, 12 heures de route. Je suis sûre que la Providence y est pour beaucoup. Après tous ces mois de séparation, Dieu lui a accordé ce qu'il attendait et espérait au plus profond de lui, rentrer à la maison, pour parler et prier avec sa famille, ce qu'il a fait jusqu'au bout, pendant deux jours.

Envole-toi

Un jour, je te laisserai partir
Tu t'envoleras,
Et c'est toi qui veilleras sur moi.
Comme moi, j'ai veillé sur toi.
Pendant toutes ces années,
Ces tous derniers mois,
Ces toutes dernières semaines,
Ces trois derniers jours.

Il y a neuf ans

Tu es venu au monde en hurlant ta joie de vivre.
A compter de ce jour-là, tous, nous avons veillé sur toi,
Jalousement, amoureusement.
Toi, l'Enfant Roi.

Et pourtant, il était écrit qu'un jour
Tu t'en irais.
Avec pour seuls bagages, nos prières, notre amour.
Et, que pour la première fois,
Je ne pourrais pas t'accompagner
Ni même veiller sur toi.

Alors, je te laisse partir.

Envole-toi, mon amour.

Rencontre

Christophan,
Je t'ai rencontré un dimanche,
Par une belle journée d'été.
Vacances, soleil et  plage .
Ton regard a croisé mon regard
A travers les vitres d'une salle de réanimation.
Leucémie aiguë.

Je t'ai accompagné dans ton combat,
Jour après jour, heure après heure,
Aux côtés de ta chère maman,
Silencieuse, aimante, attentive, toujours souriante.
L'Incarnation de l'Espoir.

Mais malgré tous nos efforts,
Malgré tout notre amour
La maladie a été la plus forte.
Et tu es parti,
Un dimanche.
Par une belle journée d'été.

Tu avais 9 ans.
Reposes en paix.

Demain

S'impliquer davantage,
S'entraider les uns les autres,
Épauler une maman effondrée et qui appelle à l'aide,
Lui tendre la main.
La serrer dans vos bras
Et pleurer ensemble.
L'écouter, et surtout, lui parler.

Soutenir les programmes de recherches.
Tous ensemble, faire avancer les choses.
Aller au devant des autres.
Changer les mentalités
Briser l'indifférence

Jour après jour, aller plus loin.
Pour ne plus jamais entendre
Ce verdict impitoyable.
« Nous avons tout essayé. plus rien n'est possible.
La médecine est impuissante. Dans quelques années, peut-être.»
Changer ce « peut-être » en un  « OUI ! »
OUI ! le cancer peut être guéri !
OUI ! votre enfant sera sauvé.

L'espoir, demain.
Sûrement.

Marijoanne
Antananarivo (Madagascar)

Classé dans : Poèmes Publié par : La Gentiane - Deuil - Entraide Date : 13 octobre 2004

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