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Nevers
(France), le 17 juin 2010
Boulou,
Je t'écris cette lettre, je ne te vois plus, ne
t'entends plus et tu me manques. Notre maison parait si vide par moments.
Tu dois être bien quelque part là-haut, je ne sais où.
Comme ce soit être beau. J'en suis heureuse pour toi et j'espère que le
moment venu, tu viendras nous chercher, Papa et Moi.
En attendant, la vie continue comme tu dois le voir.
Difficile sans toi. Mais beaucoup de bonheur encore avec ta Soeur son Mari
et leur adorable petite Fille, et ce Bébé qui doit arriver.
Bonheur malheur pas facile de gérer quelquefois. Peu
de personnes comprennent. Les fêtes si dures sont adoucies par la présence
de notre petite Fille que nous aimons et qui nous le rend bien. On aimerait
bien être plus entourés quelquefois tellement tu nous manques, tellement on
a mal. Mais voilà c'est comme cela. Il faut accepter le destin. Comprendre
que ce malheur nous a malgré tout fait avancer et comprendre beaucoup de
choses. Nous sommes totalement différents.
Tu vois, heureusement, quelques personnes proches
comprennent, nous soutiennent comme nous les soutenons je l'espère. Les amis
nous laissent tomber. Tant pis, nous ne sommes pas décidés à t'oublier pour
eux. Nous sommes différents et nous souffrons de leur manque de
compréhension. Il y a tellement de parents dans notre cas. Comme je pense à
eux souvent et comme j'aimerais pouvoir les aider.
Je t'aime très fort, encore et encore. Je t'embrasse
mon grand. Prend soin de Toi, de ta Soeur, de son Mari, de leur petite Fille
et du Bébé qui arrive. Protège ton Papa et ton Frère. Si tu le peux.
Ta Maman qui t'aime et qui aime ses enfants et
petits-enfants plus que tout.
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