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Montréal (Québec), le 6 novembre 2009
Chère Miriam, ma fille chérie, sais-tu que tu es celle que j'aime le plus au
monde ? Dans cette société confuse et délabrée, tu es ma seule raison de
vivre et d'exister. N'as-tu pas compris que ton papa t'affectionne plus que
lui-même ? Sache, ma chérie, que je serais prêt à supporter tous les
sacrifices pour te combler de bonheur et de joies profondes.
Dans ce monde qui t'entoure, tu es une fillette semblable à toutes les
autres. Tu as tes qualités et tes défauts. Mais pour ton papa et ta maman,
tu es celle qui compte le plus à nos yeux. Tu es notre petit trésor, notre
fille unique, toi qu'on a conçue dans l'amour...
Ah ! Que de patience il nous a fallu à ta maman et moi. Mais cet amour
profond qu'on ressentait envers ta petite personne nous a aidés à réaliser
en pleine réalité tous ces rêves que nous chérissions envers toi. On t'a
cajolée, taquinée de mille et une manières... On t'a appris à marcher, à
parler et surtout à rire lorsque tu faisais des prouesses qui dépassaient
nos attentes envers toi. Tu as bien grandi au cours de toutes ces années
d'innocence... Autant tu dépendais de nous, autant nous dépendions de toi.
Mais, ma chère petite fille, as-tu un seul instant réfléchi à propos de tous
les sacrifices que tu nous imposais ? Tu étais si petite à ta naissance, tu
pesais à peine deux kilos. Tu étais toute menue et si fragile. En te voyant
aussi rachitique que maladive, les infirmières se demandaient si tu allais
survivre ou mourir. Mais, en te regardant si innocente et dépendante, moi et
ta maman avions dit OUI ! On s'occuperait de toi. Nous t'aimions si fort !
Je suis certain que tu le ressentais au travers ta petite âme qui, elle, ne
souhaitait que vivre à nos côtés. Car oui, et tu le savais bien, c'est au
travers une profonde passion que tu as pris racine en ta maman.
Nous voulions la plus belle, la plus intelligente et la plus douce des
petites filles. La vie ne nous a pas trahis. Tu es née huit mois plus tard,
un peu à l'avance, mais tu avais si hâte d'être dans les bras de ta maman !
Notre rêve est devenu réalité lorsque, ce matin-là, tu as vu le jour,
sortant ainsi de ta solitude. Avais-tu si faim ce matin-là lorsque pour la
première fois tu as tété les mamelles de ta maman ? En toute allégresse et
abandon, tu buvais avec appétit le lait de ta survie. Et moi, en te
regardant serrer de tes petites mains le sein de ta maman, je pleurais à
chaudes larmes tellement j'étais ému. Je savais très bien que tu te battais
pour survivre, pour être enfin avec nous, tes chers parents. Tu nous aimais
déjà sans vraiment nous connaître. Nous te donnions tant d'amour, autant
dans nos pensées que dans nos prières.
Chère Miriam, toi la rescapée d'un amour tendre et sincère, tu es pour moi
la plus importante de la Terre et des cieux. Même les étoiles les plus
brillantes m'indiffèrent. Tu es là, aujourdhui, à mes côtés, en chair et en
os. Tu camoufles en toi la plus belle des petites âmes, je le sais. Je
t'adore encore plus que le soleil... Toi, tu éclaires les côtés les plus
sombres de mon coeur.
Tu n'as que sept ans et tu grandis toujours. Tu n'en finis plus de nous
surprendre, ta maman et moi. Au cours des prochaines années, tu partageras
avec nous le plus intime des espaces. On fait une si belle famille tous les
trois. Mais je sais très bien qu'une fois devenue adolescente, tu sentiras
le besoin de t'isoler un peu. Sache, chère fille, que tu auras beaucoup de
liberté et que, sans cesse, malgré tes petits sauts d'humeur, on continuera
à te gâter d'affection.
Tu es notre petit trésor, notre longévité, l'enfant en nous aussi. Tant que
le soleil éclairera nos journées, nous ne laisserons jamais la nuit
t'envahir de ténèbres et de cauchemars. Toujours, au petit matin, tes rêves
se réaliseront. Et, jusquà la fin de nos jours, nous veillerons sur toi, ma
grande.
* * *
C''est ce que nous voulions ma chérie... Mais toi, tu es morte à l'âge de
huit ans. Qu'il est difficile de survivre à la mort de notre enfant ! Je ne
crois pas qu'en ce bas monde il existe une douleur aussi profonde.
Depuis ton départ, douce Miriam, je reviens souvent me prosterner sur ta
tombe... Qu'est-ce que j'attends au juste ? Une résurrection de ta part ou
un signe de toi qui me consolerait de ta mort précipitée ? Je ne sais que
penser sinon que je t'aimerai jusqu'à la fin de mes jours. Tu as été pour
moi et ta maman un ange qui a ensoleillé notre vie et je t'en remercie.
Ils sont trop lomgs ces jours de deuil passés sans toi... Mais malgré notre
douleur, chère Miriam, tu nous as fait comprendre à moi et ta maman que
l'amour est éternel et que jamais on te perdra. La vie n'est pas si injuste
que ça...
Moi et ta maman vivons dans l'attente de ce jour béni de nos retrouvailles.
D'ici là, on ne t'oublie pas et dans notre coeur nous imaginons déjà ces
retrouvailles lorsqu'en courant vers nous tu te jetteras dans nos bras en
nous disant que tu es bien vivante.
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