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Lettre 254

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Bruxelles (Belgique), le 29 septembre 2009

Namour,

Voilà 20 mois que tu es parti et j'ai toujours autant le mal de toi.

Je pense à la dernière soirée que j'ai passée à tes côtés... Je ne sais pas si tu m'entendais encore mais j'espère que tu as entendu tous mes « je t'aime »... Tu m'avais tellement fait mal que j'ai fait semblant de ne plus t'aimer de peur de souffrir encore. Mais cette soirée-là, je t'ai crié mes sentiments, je t'ai supplié de te laisser partir si tu le voulais, j'ai fait en sorte que tu sois entouré de tous les gens que tu aimais. Je crois que tu es parti calmement, rassuré en quelque sorte.

Si je t'ai dit de partir c'est parce que je ne supportais plus de te voir souffrir, tu étais devenu l'ombre de toi-même, ta vie n'avait plus aucune qualité. J'aurais voulu te retenir...

Tu as souffert sans broncher pendant la majeure partie de ta vie. Tu n'avais que 25 ans quand on t'a annoncé que tu avais la sclérose en plaques.

À quelques mois de partir, tu m'as dit : « C'est elle qui a pris le dessus, je ne peux plus rien. » Tu avais perdu ton fameux humour et même le goût de parler. À partir de ce moment, tu as baissé les bras... Je comprends...

J'espère que là où tu es, tu es heureux...

Moi, ici-bas, c'est dur sans toi mais je suis grand-mère depuis peu et cela m'aide.

Je t'aime, à bientôt j'espère...

Arlette

 

 

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