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Martigny (Suisse), le
29 août 2009
Papa, cela fait déjà 6 mois que tu nous as quittés si
brusquement. Je n’arrive toujours pas à y croire. Des fois je me dis que
c’est juste un mauvais rêve. Je résiste et combat mon chagrin. J’ai peur de
me laisser aller, de ne plus être aussi forte même si je ne suis plus la
même. Je voudrais juste encore te dire combien je t’aime et que ton absence
me semble un véritable calvaire.
Ce matin Luka a recommencé son entraînement de
football. J’ai eu une vague de chagrin qui m’a submergée. Je me suis dis que
tu n’étais plus là et que tu ne pourrais pas assister à son premier tournoi
de foot. Tu adorais jouer avec ton petit-fils au ballon. Je me suis sentie
mourir au bord de cette pelouse. Tu avais tant de choses encore à vivre
auprès de nous. Mais tu n’avais plus la force ou l’envie. Je ne sais que
penser. Sache que nous pensons à toi tous les jours. Même maman, qui joue à
la forte, je sais au fond de moi que tu lui manques énormément. Vous étiez
comme chien et chat mais vous vous aimiez tant.
J’ai croisé une ancienne collègue qui m’avait envoyé
des condoléances lors de ton départ. Je n’ai pas pu lui dire merci quand je
l’ai croisée au marché… l’émotion était au bord des larmes. Je n’arrive pas
encore à en parler sereinement et sans larme… l’émotion est toujours là au
bord des yeux quand moins je m’y attends. Je suis si triste parfois et en
même temps, certains jours, je ne ressens plus cette peine. Je me dis que nous
sommes capables de tout supporter même les pertes les plus terribles. Mais si
je pense à m’asseoir et à me dire que tu n’es plus là, alors je sens mon cœur
se transpercer de chagrin.
David parle toujours de toi. Quand il va à la maison,
il ouvre toujours ta chambre pour voir si tu y es dedans… cela nous
transperce le cœur. Nous sommes soulagés que le combat soit fini après
toutes ses années de galères mais je ne pensais pas que cela se terminerait
comme ça et si tôt. Tu nous manques… on t’aime fort et protège-nous depuis
le paradis…
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