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Orléans (France),
le 7 avril 2009
Demain, cela fera 10 mois que tu es parti. Mon trésor,
tu nous manques terriblement, à ton papa et à moi. Notre petit garçon, notre
Sacha. C'est si difficile de raconter l'absence. Dans chacune de mes
pensées, chacun de mes gestes, chaque respiration portent en eux le manque
de toi.
Je me souviens des soirs ou je te caressais, toi
baignant dans les eaux calmes, protégé, à l'abri dans mon corps. Dehors il
faisait chaud, c'était l'été. Avec ton papa nous avions appris ta présence
le premier jour de l'été. Je me plaisais à marcher dans la rue en me disant
qu'en moi j'avais ta petite vie, que personne ne soupçonnait. Puis sont
venus les jours ou tu te faisais sentir, le ventre gonflé et les envies de
pain au miel.
Mon bébé... Rien n'a plus été la même chose ensuite.
Il a suffit de 2 secondes d'inattention, de folie pour que tout bascule. Au
fond de moi, je sentais ta détresse, ta douleur. La mienne passait après. Je
te chantais « Mon tout petit », cette chanson si triste dans Dumbo. Je t'ai
caressé. J'aurais aimé prendre toute ta douleur. J'espère que tu es parti
léger.
Tout s'est passé si vite à l'hôpital, les
contractions, la perte des eaux... Ils t'ont récupéré dans une bassine et
plus jamais je n'ai jamais revu ton petit corps, je n'ai même pas pu te
faire de sépulture, c'est très dur à vivre.
J'ai ton échographie, encadrée, au dessus de mon lit.
Tu es si beau mon petit coeur ! Ta petite main qui cache ton nez, suçais-tu
ton pouce ? J'aurais aimé que tu aies les grands yeux verts de ton papa.
Tu me manques tellement mon bonhomme.
Si je tente aujourd'hui de continuer ma vie, c'est
pour toi, mon bébé. Cela aurait été égoïste. Il faut que je sois forte et
que je reste. Il faut que j'honore ta mémoire. Tous les jours de ma vie, je
continuerai de penser à toi. Je veux que le monde entier sache que toi,
Sacha, tu es mon fils d'amour et rien, ni personne ne changera ça.
Tu es au paradis des bébés, mais dans quelques années
je reviendrais te prendre dans mes bras.
Je t'aime mon tout petit.
Mon bel amour, ma déchirure,
je te porte dans moi comme un oiseau blessé.
Aragon
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