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(Québec), le 23 mars 2009
Bonjour papa,
Tu sais, la vie nous joue parfois de mauvais tours. Tu
étais un homme plein de vie, toujours souriant malgré tes 84 ans. Tu nous as
toujours caché ton état, nous disant : « Ça va bien, je fais mes petites
affaires tranquille. » Nous savions que tu étais malade, mais une gêne
s’était installée depuis plusieurs années, qui nous a empêchés de dire nos
vrais sentiments et qui a créé une barrière entre nous. Nous avons grandi de
cette façon comme si chacun de son coté avait peur de faire mal à l’autre en
disant ce qu’il ressentait.
Pour moi, lorsque tu es entré à l’hôpital, rien ne m'a
laissée croire que tu nous quitterais car tu nous parlais normalement. C’est
sûr que tu étais branché de partout et que tu étais aux soins intensifs mais
personne ne m’a expliqué ton état. On m'a seulement dit que c’était à toi de
décider si tu voulais t’en sortir ou non. Et que l’on attendait pour voir ce
qui allait se passer. Au début, tu avais seulement de l’oxygène nasal, ta
voix était bonne. Tu m'as remis ton chapelet en me disant que tu me le
donnais et de revenir te voir le soir vers onze heure. Là, tu avais le
respirateur pour t’aider à respirer.
La nuit que j’ai passée à ton chevet, je l’ai vécue
pleinement en t’avouant mes sentiments comme si tu aurais été la seule
personne au monde que je n’avais jamais aimé. J’ai pris soin de toi je t'ai
pris la main, je l'ai caressée, j’ai massé tes pieds, je t'ai soigné comme
on soigne un enfant. Toi aussi tu m’as dit que tu m’aimais, des larmes on
coulé de tes yeux. Je sais que tu es parti l’âme en paix, car tu savais que
je t’avais toujours aimé. Toi de ton côté tu étais heureux, tu me réclamais
sens cesse à tes côtés pour que je puisse te tenir la main, tu disais à tous
que j’étais ta fille et que tu m’aimait. J’ai eu le temps de te dire que tu
avais été un bon père, que je t’avais toujours aimé, que là-haut tu serais
pas seul, qu’il y avait plein de monde qui t’attendait. Tu m'a parlé
d’argent et je t'ai répondu que l’argent n’avait aucune importance à mes
yeux, que j’avais la santé, que je pouvais très bien la gagner.
J’aurais tellement voulu que les choses se passent
autrement, qu’il n’y ait jamais eu aucune barrière entre nous.
Je t’aime papa et je t’aimerai toujours.
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