|
Quévreville-la-Poterie
(France), le 4 mai 2008
« Où est mon
bermuda ? »… Dès que le printemps arrivait, même parfois encore trop précoce
pour la chaleur, tu me le demandais... Tu ressortais tes longues jambes
maigres et nichais tes pieds dans ces grandes sandalettes… que je ne
parviens pas à donner… elles sont cachées comme toi... la différence étant
que je peux les voir… Ton bermuda signifiait « les vacances » que tu
demandais tant, les fenêtres ouvertes et puis tes interminables apéritifs
pris sur la terrasse autour de la table bistro « bleue » elle aussi…
Dernière fête il y
a un an… J’entends encore les cris et rires de nos petits, nos grands, et
nos amis… Tu avais voulu cette journée de campagne et lancé des invitations…
égoïstement je n’avais pensé qu’au travail que cela représenterait… Bénis
par le soleil, nous avions ri et joué comme des enfants, repus de bon vin et
de bonne chère tard dans la nuit… Ce premier mai avait été prometteur pour
nous deux… si prometteur… tu ne montrais encore aucun signe précis de cette
fin de vie qui fut si brutale…
Je suis seule sur
cette terrasse ce matin, pas un bruit pas une âme qui vaille, je me rétablis
doucement de mon opération… je te vois, je te sais pas loin, j’entends le
bruit de tes pas… mon cœur cogne encore après presque un an… les larmes
montent…
J’ai encore si mal,
je n’ai pas retrouvé ton bermuda… Dis-moi, l’as-tu emmené pour les printemps
à venir ?
|