Mon père s'est suicidé à l'âge de 65 ans

Mon père s'est suicidé à l'âge de 65 ans le 13/08/17 à 18 h 30 par arme à feu sous les yeux de ma mère. 14 mois après, le "pourquoi" me hante chaque jour, il me manque de plus en plus. J'oscille entre la colère, l'incompréhension, la culpabilité et le désespoir.

Il avait 6 petits-enfants qui doivent vivre également avec ça. Tout mon entourage a tourné le dos à ma mère, peut-être savent-ils des choses que je ne connais pas ? Ce tourbillon de questions... quel enfer... j'en veux tellement à ma mère moi aussi car je ressens qu'elle me cache des choses mais elle est si mal que je n'ose pas la bousculer.

Pas un jour, pas un instant, sans que je ressente le mal qui l'a rongé car il avait tout prémédité. Il a rangé toutes ses affaires, a fait le tour de ses amis le jour même en disant qu'il allait très bien, a dit au revoir à ma mère mais n'a laissé aucun mot à l'attention de ma soeur et moi, comme si nous n’existions pas.

Je pensais aller mieux depuis quelques temps mais j'ai l'impression d'avoir mis une armure pour cacher cette souffrance à mon mari et mes enfants. Un peu comme si c'était honteux de souffrir alors qu'il a choisi de partir.

J'espère qu'il repose en paix et nous accompagne, qu'il est notre ange gardien.  J'ai 42 ans mais ce dimanche-là, mon innocence s'est envolée avec lui.

Classé dans : Témoignages Publié par : La Gentiane - Deuil - Entraide Date : 25 octobre 2018

Commentaires (1)

Pour moi, c'est une situation limite. Un peu comme moi qui en voulait même au grand-père, au père, à la mère et à tous les gens de son entourage sans vraiment comprendre le pourquoi, la cause et l'effet. Oui, c'est la douleur la plus atroce et la plus dangereuse pour soi-même car elle m'a fait perte tout contact avec la réalité. Oui, dans mon sang, plein d'alcool, etc. pour résister à ne pas me tuer. Tout ce que je pensais, c'était de fuir le plus loin possible de cette situation. Et c'est ça que j'ai fait avec un peu d'aide des autorités militaires. Oui, je voulais disparaître de ce lieu et je l'ai fait. Je n'ai même pas été capable d'assister aux funérailles. Ivre et gelé à l'os, je planifiais en silence mon départ pour ailleurs. Et c'est dans cet ailleurs que je me suis retrouvé comme personne car je me considérais comme un lâche de ne pas avoir été capable d'affronter ce drame familial. Et en aidant les plus démunis, j'ai recommencé à réapprendre à vivre, à donner de la signification à ce drame familial, à prendre conscience qu'il y a encore de la valeur à la vie qui est devant moi et qu'avec le quotidien de la vie, et surtout en prenant conscience des drames des autres, l'amour s'est comme bâti une tente dans mon cœur. Bien à vous et merci de votre collaboration.

jacques r néron, 27 octobre 2018

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