La perte d'un enfant - Chroniques | La Gentiane - Deuil - Entraide
 

La perte d'un enfant

Quand l'ordre naturel est rompu

Stupéfaction, colère, détresse, chagrin immense, culpabilité, effroi; tel est le lot des parents qui apprennent la mort de leur enfant. Indéniablement, il s’agit d’une peine infinie, d’une blessure excessive ment profonde et douloureuse, d’où émergent une foule d’émotions… La perte d’un enfant entraîne habituellement dans sa foulée un choc terrible. Beaucoup de gens ont alors l’impression de vivre un cauchemar, sans comprendre le sens d’une telle tragédie.

Lorsque l’enfant meurt des suites d’une longue maladie, il est fréquent et normal que l’on éprouve une certaine forme de soulagement, car, enfin, il ne souffre plus. À la limite, la mort, toujours inacceptable, devient presque réconfortante, car elle se trouve alors perçue comme une délivrance. Le départ laisse néanmoins un vide immense, l’état de l’enfant ayant requis des soins constants.

Quand le décès survient de façon accidentelle, le choc s’avère beaucoup plus grand. Les parents vivent un état profond d’engourdissement, une impression que tout cela est irréel, un besoin d’accuser quelqu’un ou quelque chose, la nécessité de comprendre ce qui vient d’arriver, le déni, la colère, la peur et le sentiment d’impuissance... Jusqu’à cette douloureuse prise de conscience où les parents réalisent que l’enfant ne reviendra plus.

Les deuils parallèles du couple

Si chaque deuil s’avère unique, chaque parent vit son deuil de façon différente. Ainsi, entre les conjoints, les réactions et l’expression des émotions ne seront pas nécessairement vécues de la même façon. Un risque accru de tensions et d’incompréhension plane donc sur la relation conjugale, de sorte que, tout au long du travail de deuil, chacun devra apprendre à reconnaître et accepter les différences de l’autre, à lui témoigner du respect et à le soutenir.

Retour à l’équilibre

Au fil des mois et des années, les membres de la famille ou du couple finissent par se réorganiser. Progressivement, ils réussissent à se réinvestir dans de nouvelles activités ainsi que dans de nouveaux liens. Au sein d’une famille de plusieurs enfants, les rôles de chacun se redéfinissent. Le deuxième enfant, par exemple, jouera le rôle de l’aîné. L’équilibre s’en trouvera donc peu à peu rétabli.

Survivre à l’absence

Bien que la situation semble souvent sans issue de prime abord, il faut conserver l’espoir que la guérison nous attend à la fin du parcours. Que ce soit en racontant son histoire à des proches, à un psychologue ou à des participants d’un groupe d’entraide qui ont vécu un deuil similaire, l’important demeure d’être écouté et compris. Écrire, pratiquer le dessin, la peinture ou toute autre forme d’art peut aussi permettre d’exprimer ses émotions.

Attentives à la souffrance des parents en deuil, les coopératives funéraires ont créé le programme Solidarité qui défraie les funérailles d’un enfant d’un membre jusqu’à concurrence de 2 500 $*. Ce programme a été créé dans un esprit de solidarité afin d’offrir un soutien envers les membres affectés par une telle épreuve.

*Enfants de 14 ans et moins. Certaines conditions s’appliquent.

Par Francine et Line Beaudet
Texte tiré de Auprès de vous - fascicule 1
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Image : Pixabay

Classé dans : Le deuil Publié par : La Gentiane - Deuil - Entraide

Commentaires (1)

Salut Johanne, J'ai ri en lisant la phrase : "Certaines conditions s'appliquent". Et j'ai aimé rire car cela m'a fait rappeler comment riait Olivier lorsqu'il essayait de placer le bras du tourne disque sur le disque pour écouter sa musique. Il avait de la difficulté à placer l'aiguille sur le disque et lorsqu'on entendait le grincement, il partait à rire et il réessayait à nouveau de placer l'aiguille au commencement mais avec ses petites mains trop agiles et sans lâcher le bras, l'aiguille émettait un genre de grincement. Ce qui m'a fait rappeler que j'ai pas lâché prise rapidement. Dans mon cas, je retenais ma colère, ma frustration et surtout de ma culpabilité de ne pas avoir été là pour que le drame n'arrive pas. J'ai dû m'exiler, aller ailleurs où la vie est beaucoup plus difficile à vivre et d'aider les gens à se sortir d'une situation injuste et contraire à la loi. C'est drôle que d'une simple phrase, qui n'a aucun rapport avec mon expérience de vie et de ce drame familial, que cela me fasse souvenir de ce beau moment avec Olivier, c'est super. Bien à vous et merci de votre collaboration.

jacques r néron, 27 octobre 2018