Je ne pensais pas possible de pouvoir encore t'écrire...

     Je ne pensais pas possible de pouvoir encore t'écrire, te parler. T'écrire cette lettre est si réel, que je me demande si je dois vraiment poursuivre...

Tu manques si tu savais... Cela fait presque 7 mois que je ne t'ai pas vu, pas parlé. Cela fait 7 mois que je n'ai pas eu mon bisou du matin, que je n'ai pas entendu un de tes jeux de mots pourris. 7 mois que je ne t'entends plus prononcer mon nom. Tu manques tellement. Quand le docteur t'a dit qu'il ne te restait que 3 mois, tu ne nous as rien dit; et à l'inverse tu t'es battu pendant deux ans pour rester avec nous. Nous que tu aimais plus que tout. Jamais il ne m'a été donné de voir un autre père adorer autant sa famille. À chaque fois qu'une copine venait à la maison, il fallait que tu la fasses rire, et d'ailleurs à chaque fois qu'une personne faisait ta connaissance; je n'ai jamais vu personne repartir sans être totalement sous ton charme. Car s'il faut reconnaître ton charme, il faut aussi parler de ton unique générosité, gentillesse. Ton sens de l'humour que tu as su conserver intact jusqu'à la fin.

Tu t'es tellement battu pour nous, et pour moi. Maman m'a dit une fois que lorsque l'on t'avait annoncé que tu étais malade, tu avais pleuré et que tu t'en faisais plus pour moi que pour toi. Tu lui as dit que tu voudrais avoir au moins 2 ans de plus pour t'occuper de moi. Et tu sais quoi ? Tu y es arrivé. Les docteurs, cancérologues, infirmières... tous ont réalisé que tu étais un homme extraordinaire et courageux. Un homme unique, qui a marqué tous ceux qu'il a rencontrés.

J'ai regardé absolument toutes tes photos, et je reconnais tous ces sourires. J'ai commencé à apprendre ta langue : le croate. J'échange des textos tout les jours avec ta famille. J'y retrouve la même gentillesse, mais ça n'est pas toi...

Rien de nouveau à la maison, de toute manière, je sais que tu es au courant de tout car tu es présent à chaque instant. Je sais que tu es resté à la maison.

Tu n'as pas été là pour mon vingtième anniversaire, pas là non plus pour Noël.. Comment continuer sans toi ?

Tu es resté le plus beau jusqu'à la fin, et tu le seras à jamais pour moi et les autres. Papa ; tu me manques à chaque instant, tu es dans mon cœur, dans mon esprit. Ne plus t'avoir physiquement à mes cotés est insupportable. La seule chose qui me réconforte est que je suis totalement persuadée que tu es bien là où tu es. Tel que je te connais je sais que tu dois mener les autres à la baguette et que tu les fais rire en même temps. Où que tu sois, je sais que tu n'es pas totalement parti de chez nous et que tu reviens à chaque fois que l'on t'appelle.

Merci Papa de t'être battu comme tu l'as fait, merci de nous avoir autant aimés, merci d'avoir été un papa à part : le meilleur.

Mon petit Papa chéri préféré, nous nous reverrons bientôt, quoi qu'il arrive ; tu sais que je t'aime.

Laëtitia
Toulouse (France)

Classé dans : Lettres Publié par : La Gentiane - Deuil - Entraide Date : 27 décembre 2006

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