Maman... Tu es partie le 16 mai, et depuis cette date, je ne réussis toujours pas à te parler...

Maman...

Tu es partie le 16 mai, et depuis cette date, je ne réussis toujours pas à te parler... ni sur ta tombe, ni dans ma tête, à part peut-être dans mes rêves... où j'aimerais que tu séjournes plus souvent d'ailleurs.

Cette lettre me permettra j'espère de pouvoir me soulager un peu.

Tu me manques maman si tu savais à quel point... Comme la fois où j'ai été dormir chez mamie, et que j'y suis restée longtemps.... à un moment, je ne sais pas pourquoi, je me suis dit que tu m'avais oubliée, ou que j'avais été une méchante fille qui avait abandonné sa maman, j'ai pleuré toute la nuit... tu me manquais!! Mon Dieu c'était atroce...

Eh bien c'est comme ça aujourd'hui... sauf que je ne pleure pas... que je ne peux pas te rejoindre... et que je ne peux pas fuir.. Je vais où ?

Ton absence, je me la prends dans la gueule jour après jour. Je ne te verrai jamais grand-mère, jamais vieille femme. Tu ne me verras pas enceinte, pas grandir, pas mariée. C'est injuste, sur qui je dois crier au juste pour ça, dis-le moi stp... Parfois, lorsque je m'accorde réellement le temps de penser à ton absence, je pourrais hurler de douleur tellement j'ai mal.

J'ai adoré les derniers moments qu'on a passé à l'hôpital, mais c'est si dur d'être seule maintenant, tu me regardes dis ? Tu ne m'oublies pas ? Je pense à toi tous les jours, je te porte en moi... et sur moi, grâce à tes bijoux... Ils sont devenus des porte-bonheur...

Donne-moi la force de parler stp maman... À bientôt.

Je publie en même temps le texte que j'ai lu pour tes funérailles, je ne sais pas si tu l'as entendu... Gros bisous je t'aime, pense à moi.

P.S Nelson te rejoindra bientôt je pense, prends-en soin pour moi !!!

*   *   *

Texte du 23 mai 2008.

Maman...
Ma petite maman...
Merveilleux mot que bientôt je ne prononcerai plus...
Je suis très en colère
Pas contre toi, rassure-toi
Nous nous étions tellement préparées à la bagarre...
À lutter, à vaincre, à vivre !!!
Même peu de temps
Mais la mort est venue te chercher...
Sournoise
Et en même temps libératrice
Je te souhaite tout le repos que tu mérites
Je donne tout mon amour de fille
À toi si courageuse dans tes derniers moments
Je n'ai jamais été si fière de toi qu'en cet instant.
Lorsque tu t'es éteinte, tu as emporté une partie de moi
Prends en soin, elle te suivra...
J'espère juste qu'une partie de toi me suivra également.
Merci pour ce lien si précieux qu'on avait créé.
Merci pour ton sale caractère, tes coups de gueule
Ta fierté, ta dignité, ton soutien
Merci de m'avoir comprise.
Merci de ton éducation ô combien précieuse pour moi aujourd'hui.
Ne t'inquiète pas, je ferai le crocodile pour papa.
Je ne le laisserai jamais tranquille !
Et surtout je vais vivre !
Je t'aime maman

Amandine
Angers (France)

Classé dans : Lettres Publié par : La Gentiane - Deuil - Entraide Date : 28 juillet 2008

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