Depuis le premier jour que ta maman m'a annoncé ta venue sur terre, je t'ai aimé...

Depuis le premier jour que ta maman m'a annoncé ta venue sur terre, je t'ai aimé. À tous les jours depuis, j'ai pensé à toi. Je prenais souvent des nouvelles de toi dans le ventre de ta maman. Je savais que tu étais bien, elle prenait si soin de toi. Je t'ai vu grandir à travers elle. Les semaines avant ton arrivée, je pensais à toi, à chaque instant. Les jours auparavant, je n'en dormais plus d'excitation à l'idée de te voir dans les bras de tes parents. J'avais si hâte de te voir et de te rencontrer.

Le jour où tu devais naître est venu, mais toi tu étais si bien et confortable, que tu es resté au chaud dans le ventre de ta maman. L'impatience monta, mais ce n'était qu'un question de temps. Mardi dernier lorsque tu étais en chemin pour te montrer le bout du nez, tout allait si bien, mais au dernier moment, il s'est passé quelque chose d'inexpliqué. Lorsque j'ai appris ça, j'ai crié d'un instinct que je ne me connaissais même pas. L'inquiétude et l'angoisse étaient si fortes. Je me disais que beaucoup de gens ont pris soin de toi, ils t'ont vite amené dans un endroit avec tout plein d'autres petits anges comme toi. Et ton papa était là pour veiller sur toi. Les nouvelles étaient incertaines, ne nous donnant aucune piste de ce qui se passait vraiment. Pendant ce temps, ta maman était restée ici, j'étais à ses côtés, essayant juste d'être là. Cette nuit-là, je n'ai pas fermé l'œil de la nuit, j'ai pensé à toi à chaque seconde qui passait. Je t'ai envoyé toute l'énergie que je pouvais.

Jeudi matin, les nouvelles étaient bonnes. Tu avais ouvert tes petits yeux toute la matinée, tu étais beaucoup plus réveillé et actif, ils m'ont dit. Quelle joie ai-je ressentie, le soulagement aussi, tout un poids était parti. Puis, je t'ai vu, pour la première fois, dans ton petit lit avec tes beaux petits cheveux. Je regardais ta maman à ton chevet qui te regardait les yeux remplis d'amour, qui te cajolait et pleurait d'inquiétude. Il n'y avait pas de mots.

Il fallut attendre encore. Il fallait attendre le verdict, les spécialistes... Tes parents sont allés les rencontrer, nous on a attendu en ne pensant qu'à toi. Le temps passait si lentement. Puis, j'ai vu ton papa arriver. Il ne m'a pas regardée, je n'arrivais pas à déceler ce qui allait se passer. J'ai compris lorsque je l'ai vu qui pleurait dans les bras de son père... « Il ne passera pas au travers... » J'ai crié, j'ai pleuré, je savais plus où me mettre. Toute la journée, je t'ai regardé dans les bras de ta maman, elle te disait qu'elle t'aimait. Je t'ai regardé dans les bras de ton papa, qui te berçait tranquillement et te donnait tout l'amour qu'il pouvait.

Tu es si beau. J'ai eu la chance de t'avoir dans mes bras, tu étais tout petit, avec tes beaux grands yeux ouverts. Ta santé était si fragile, je ressentais ton inconfort dans tes petits mouvements... je voyais tes petites lèvres trembler, ton petit cœur battre si rapidement... Je te trouvais très fort et courageux d'avoir traversé tout cela. Parfois, j'ai pu percevoir ta petite voix qui se faisait entendre, tu étais si magnifique. Je ne voulais plus te quitter des yeux, mais je devais partir...

Je sais que tu seras heureux là où tu t'en vas et beaucoup mieux... comme tu l'as été dans le ventre de ta maman, mais tu me manques déjà. J'aurais voulu passer plus de temps avec toi, te donner encore plus d'amour. Mais ce n'est pas possible. Je me console parce que présentement, tu es avec tes parents qui t'aiment et veillent sur toi. Je ne t'oublierai jamais, ton petit visage est gravé dans ma mémoire, pour l'instant, je pense tout le temps à toi.

Je t'aime petit pirate. Tu vas me manquer.

Isabelle
Longueuil (Québec) 

Classé dans : Lettres Publié par : La Gentiane - Deuil - Entraide Date : 22 juin 2012

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