Cela fait quatre ans...

Cela fait quatre ans que j'habite en Guyane. C'est là que je l'ai connu. Ce garçon si gentil, toujours souriant. Il y a deux ans je ne le connaissais pas, il m'a invitée à la boum qu'il faisait pour ses 15 ans. Au milieu de la soirée, il m'a tendu la main pour danser avec lui, je l'ai prise. Il m'a souri. C'est dans ce sourire que j'ai appris à le connaître.

Petit à petit, notre amitié a grandi. En juin 99, avec les classes de 3e du collège, nous avons fait un spectacle : Starmania. Nous étions tous nerveux et lui plus que les autres ; il avait l'un des principaux rôles. Et malgré tout, c'était lui qui nous faisait rire.

Chaque jour qui arrivait, il était toujours là pour nous. Il nous écoutait, nous conseillait, nous faisait rire les jours où on n'y arrivait plus tout seul. Il était merveilleux.

Mais sa maladie et revenue et il allait de plus en plus mal. Chaque semaine on allait le voir à l'hôpital et chaque semaine, on constatait qu'il allait de plus en plus mal. Il est décédé le 20 janvier 2000, il n'avait que 16 ans. La veille, j'étais allée le voir avec une amie. On avait accroché plein de posters dans sa chambre d'hôpital pour qu'elle lui paraisse plus gaie. Et quand il est mort, je venais juste de parler de lui avec une autre amie, je lui racontais comment il nous faisait rire. Je rigolais, elle aussi.

Cela fera bientôt cinq mois que la maladie nous a enlevé notre ami, et personne n'arrive à combler le le vide qu'il laisse dans nos cœurs. Il n'y a plus personne qui puisse nous écouter, nous conseiller, nous faire rire comme il le faisait. Nous n'avons plus d'ami vers qui nous tourner. Personne ne pourra jamais le remplacer. On l'a perdu pour toujours.

Il y a des soirs où je prie pour que ce ne soit plus qu'un cauchemar, pour que je me réveille le lendemain et qu'il soit toujours là, pour ne plus voir son nom au cimetière. Je me réveille et rien n'a changé, les mêmes souvenirs, les mêmes peines, les mêmes pleurs, le même cauchemar qui continue...

Un jour quelqu'un m'a dit qu'avec le temps, on ne guérit pas, on se rend compte que plus il passe et plus la personne absente vous manque. Maintenant je sais qu'elle a raison.

« Je suis venu t'annoncer quelque chose
Qui va te faire de la peine je suppose
Je suis venu t'annoncer que je pars
Nos planètes se séparent
Aujourd'hui pour toujours
Faut pas me retenir
M'en vouloir si je pars
Nos planètes se séparent
Comme la nuit et le jour
Je m'en vais quelque part
Où ta vie et ma vie
Ne se rencontrent pas
Au hasard de la nuit »

(Extrait de Starmania, qu'il jouait si bien.)

Stéphanie
Kourou (Guyane française)

Classé dans : Témoignages Publié par : La Gentiane - Deuil - Entraide Date : 15 juin 2000

Commentaires (0)

Écrivez un commentaire

Veuillez cocher pour indiquer que vous n'êtes pas un robot.
Cette vérification permet d'éviter les courriels indésirables.