Bonjour papa, Tu sais, la vie nous joue parfois de mauvais tours...

Bonjour papa,

Tu sais, la vie nous joue parfois de mauvais tours. Tu étais un homme plein de vie, toujours souriant malgré tes 84 ans. Tu nous as toujours caché ton état, nous disant : « Ça va bien, je fais mes petites affaires tranquille. » Nous savions que tu étais malade, mais une gêne s'était installée depuis plusieurs années, qui nous a empêchés de dire nos vrais sentiments et qui a créé une barrière entre nous. Nous avons grandi de cette façon comme si chacun de son coté avait peur de faire mal à l'autre en disant ce qu'il ressentait.

Pour moi, lorsque tu es entré à l'hôpital, rien ne m'a laissée croire que tu nous quitterais car tu nous parlais normalement. C'est sûr que tu étais branché de partout et que tu étais aux soins intensifs mais personne ne m'a expliqué ton état. On m'a seulement dit que c'était à toi de décider si tu voulais t'en sortir ou non. Et que l'on attendait pour voir ce qui allait se passer. Au début, tu avais seulement de l'oxygène nasal, ta voix était bonne. Tu m'as remis ton chapelet en me disant que tu me le donnais et de revenir te voir le soir vers onze heure. Là, tu avais le respirateur pour t'aider à respirer.

La nuit que j'ai passée à ton chevet, je l'ai vécue pleinement en t'avouant mes sentiments comme si tu aurais été la seule personne au monde que je n'avais jamais aimé. J'ai pris soin de toi je t'ai pris la main, je l'ai caressée, j'ai massé tes pieds, je t'ai soigné comme on soigne un enfant. Toi aussi tu m'as dit que tu m'aimais, des larmes on coulé de tes yeux. Je sais que tu es parti l'âme en paix, car tu savais que je t'avais toujours aimé. Toi de ton côté tu étais heureux, tu me réclamais sens cesse à tes côtés pour que je puisse te tenir la main, tu disais à tous que j'étais ta fille et que tu m'aimait. J'ai eu le temps de te dire que tu avais été un bon père, que je t'avais toujours aimé, que là-haut tu serais pas seul, qu'il y avait plein de monde qui t'attendait. Tu m'a parlé d'argent et je t'ai répondu que l'argent n'avait aucune importance à mes yeux, que j'avais la santé, que je pouvais très bien la gagner.

J'aurais tellement voulu que les choses se passent autrement, qu'il n'y ait jamais eu aucune barrière entre nous.

Je t'aime papa et je t'aimerai toujours.

Ta fille Danielle
(Québec)

Classé dans : Lettres Publié par : La Gentiane - Deuil - Entraide Date : 23 mars 2009

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