Aujourd'hui c'est mon tour...

Mon papa,     Aujourd'hui c'est mon tour d'aller à Canossa. Je n'ai pas su voir ce qui te rongeait ces quatre dernières années, cette lente descente aux enfers, même après ton opération en 1999. Il faut toujours tout me dire à moi, même lorsque cela saute aux yeux.

Bien sûr j'étais là, du moins autant que j'ai pu l'être, sûrement moins que je l'aurais voulu. Mais je n'ai jamais réussi à te « remonter » dans les moments pénibles. Parfois c'était toi qui me faisait rire alors que dans ta solitude, ton appartement que tu ne pouvais plus quitter, ton « aquarium » disait Salomé, la morosité et la tristesse étaient de mise quand le rideau était tombé.

J'ai rarement su te dire que je t'aimais, lorsque je le faisais spontanément tu ne m'entendais pas. Lors de ta lente agonie à l'hôpital tu me l'as demandé plusieurs fois : « Dis-le moi. J'aime quand tu me le dis ». Alors là je répondais : « Je t'aime » et je serrais ta main. Et puis il y a eu ce 31 juillet et là je t'ai dit des dizaines de « Je t'aime » mais tu ne pouvais plus les entendre. Il y a tant de choses qu'on ne s'est pas dites.

JE T'AIME... POUR TOUJOURS MON PAPA. Adieu l'Émile.

Ton fils.

Frédéric
Rivière Saint-Louis (Île dela Réunion)

Classé dans : Lettres Publié par : La Gentiane - Deuil - Entraide Date : 15 août 2002

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