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Poème 367

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Nous bâtissons nos nids...

Nous bâtissons nos nids sur des branches entamées.
Quand je regarde avec crainte l'univers qui m'entoure,
Le vide des espaces et la complexité de mon âme, je pleure.
J'ai peur et je m'effraie, je songe et mon âme crie :
Où es-tu, toi qui un jour sèmera mes émotions,
Nourrira mes affections et vivra au cœur de mes inclinations ?

Te voilà parti, ange céleste.
Te voilà parti, me voilà seul
Et le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie.
Je ne suis qu'un abominable aveugle
Dans cette obscurité que toi seul éclairait.

Tu me laisses seul et perdu, portant le deuil d'une amitié aboutie,
Depuis la première graine jetée au hasard d'une plaine d'émotion.

Tu me laisses seul cultiver, semer et pleurer.
Je dois vivre pour toi,
Je deviens la seule goutte d'eau d'une plaine idéale, de notre plaine.

Mon ami, un jour nous nous reposerons ensemble,
Blottis dans l'herbe menue de cette plaine, et ce jour-là,
Notre amour parsèmera l'univers de cette amitié céleste,
Et quand l'univers, perplexe et jaloux nous dira :
« Pourquoi êtes-vous amis,
Comment y être parvenus à ce point,
Vous habillez vos âmes de vos aspirations mutuelles,
Allons dites-moi, je vous prie,
Pourquoi êtes-vous amis ? »

Et d'une même voix immuable, à l'unisson,
Jouant délicatement sur la corde de notre âme,
Nous citerons Montaigne :
« Nous nous cherchions avant de nous être vus,
Parce que c'était lui, parce que c'était moi »

Teddy
(France)


 

 

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